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lundi 26 février 2018

[Test] Shadow Of The Colossus

Fidèle à ma réputation de joueur un peu grincheux, quand on m'a proposé de tester un énième remaster sur PlayStation 4, je n'étais pas spécialement emballé, pestant intérieurement contre le manque de créativité des dévelopeurs d'aujourd'hui. Franchement, je me demandais bien ce que pouvait apporter cette troisième version de Shadow Of The Colossus, six ans seulement après son passage en HD sur PS3. C'est donc strictement dans le but de ne pas mourir idiot, que j'ai accepté d'insérer la galette dans le mange-disque de ma PS4. Parce qu'après tout on verrait bien si ça vaut le coup ou pas...

L'ombre d'un doute


Pour vous mettre dans le contexte, sachez que j'avais adoré Ico (en particulier sa version PS3), alors que sa suite, Shadow Of The Colossus m'avait plus ou moins laissé de marbre. Non pas que le jeu soit mauvais, loin de là, mais le concept du monde ouvert, sans interface affichée à l'écran, sans PNJ, et sans autre combat en dehors des 16 boss du jeu, ça n'avait pas réussi à me scotcher à l'écran plus de 3 / 4 heures. C'était donc sans grandes attentes que je laissai à Shadow of The Colossus une troisième et dernière chance de ma convaincre. Et grand bien me fit : la magie opéra enfin sur le joueur hermétique que j'étais. Une claque comme je n'en ai pas prise en dix ans, une révélation dans ma carrière de gamer, un chamboulement en foule-achdé. Mais comment un "simple" listing graphique a-t-il pu changer autant l'alchimie de ce titre ?
Toutes les images de ce test ont été capturées in-game. Et c'est encore plus beau quand ça bouge ! 


Elémentaire mon cher Watson : ça parait évident, mais le rendu en résolution 1080p native, ça change tout! Quand il fallait dans la version PS2, se farcir 15 minutes de séquence à cheval en recalibrant la caméra capricieuse, le remaster, lui, offre aux joueurs 15 minutes d'émerveillement en exhibant une végétation plus vraie que nature, des ruisseaux et cascades qui coupent le souffle, et surtout un cheval comme jamais on en a vu auparavant dans un jeu vidéo. Aucun polygone ne traine là où il ne devrait pas, aucune ombre n'est aliasée, et la profondeur de champ semble juste infinie. Bref, si le Shadow Of The Colossus original était considéré comme une perle vidéoludique, alors son remaster est un bijou exemplaire.

Mieux qu'Alexandra Lederman sur Nintendo DS ?


Pour que vous compreniez l'exploit réalisé par Bluepoint Games (le studio en charge de ce remake), attardons nous sur quelques minutes sur Agro : la monture du héros.  Ses hennissements semblent à chaque fois différents. De même que son attitude lorsqu'il nous attend : il broute paisiblement, hume l'air ambiant, dresse ses oreilles pour capter les sons environnants, ou encore flâne détendu, l'air de rien, en nous accompagnant fidèlement. Le rendu de son poil est des plus naturels : on dirait que chaque fibre de son crin bouge indépendamment, avec un mouvement toujours synchronisé au vent ou à son déplacement. Lorsque qu'il trotte, ou galope, les changements de rythmes sont parfaitement progressifs. Et lorsqu'il emprunte des chemins caillouteux et escarpés, ses sabots semblent glisser si le rocher sur laquelle il s'appuie est trop lisse!
Les effets de lumière à la lisière du bois sont hallucinants de beauté. 


Quand à son cavalier, celui-ci pourra le monter calmement, ou bien lui sauter dessus , en encore s'agripper à lui en courant : dans les trois cas, l'animation aura l'air naturelle, humaine, sincère. Aucune animation ne donne au joueur cette impression un peu figée de déclencher une séquence avec l'appui sur un bouton. Le souci du détail de ce remake atteint un seuil extrême. Ainsi, les phases de gameplay en monde ouvert, auparavant synonymes de longueur, se voient soudainement dotée d'un intérêt : la découverte de la myriade de détails de ce monde virtuel. Je dois vous avouer que durant les premières heures du jeu, j'ai passé mon temps à marteler la touche SHARE de la manette tellement j'avais envie de capturer la beauté de l'image😄. Une fois que l'on est habitué, on se laisse finalement aller à profiter de la beauté des paysages, en mode cheveux au vent, traversant forêts, plaines luxuriantes, plateaux montagnards et autre déserts... pour aller chasser du colosse!

Colosse Hunter 3


Ah oui, en fait je ne vous ai pas dit... Si vous n'êtes pas familier avec Shadow Of the Colossus, il s'agit d'un jeu de chasse. Le fil conducteur de l'histoire est mince, et aucun PNJ autre que la voix demandant de tuer les 16 monstres du jeu n'interviendront au cours de la quête du joueur. Atypique, poétique, et jouant sur une palette d'émotion plus large que les autres jeux de castagne de monstre, les mécaniques de jeu de Shadow Of The Colossus se révèlent toujours aussi efficaces, tout en misant sur le minimalisme.
La caméra offre bien souvent des point de vues épiques sur les immenses colosses.



D'abord, on pointe son épée en direction de la lumière pour être guidé, ensuite on rencontre un immense monstre, et puis le but devient de trouver son point faible afin d'y planter notre épée. Ce point faible est différent pour chaque Colosse, forcément. La durée de vie est respectable : une dizaine d'heure est nécessaire pour finir le jeu une première fois... et comme le remake est là pour vous en donner toujours plus, un NG+ offrant une nouvelle expérience de chasse est à disposition, accompagné de son lot de collectibles bien planqués.

Conclusion



Alors que j'étais plutôt réticent à la base, ce remake a changé mon point vue sur l'utilité de ressortir des titres de la génération précédente sur la PS4. Comment ne pas être enchanté par un rendu aussi éblouissant que celui de ce remaster ? Cette version améliorée de Shadow Of The Colossus™ m'a également permis d'apprécier un peu mieux l'oeuvre de son créateur Fumito Ueda. Poétique, subtile, et minimaliste : l'expérience prend tout son sens grâce au rendu Full HD. Bluepoint Games signe avec cette version ultime un des meilleurs portage PS4, qui rentrera allègrement dans la liste des plus beaux jeux de la console en général. L'hommage au créateur japonais est donc réussi, et à ceux qui doutent encore, je ne peux que leur conseiller d'essayer ce titre, manette en main...

Pour résumer :

- un des plus beau jeu de la console
- gameplay toujours sensationnel
- un scénario empli d'émotion
- un mode new game +

Pour chipoter  :

- 30 fps au lieu de 60 fps

Score final :

mardi 11 avril 2017

[Avis] PaRappa The rapper Remastered

Les années 90 reviennent avec PaRappa !


Nom d'un sprite, vingt ans, déjà. Il y a vingt ans, le monde découvrait PaRappa The Rapper, le premier jeu de rythme de l'histoire. Ca sortait sur la fameuse PlayStation : la grise, que tout le monde appelait "PSX" à l'époque pour avoir l'air branché dans la cour de récré. Si les courses de stock car et les combats en 3D captaient majoritairement l'attention du public, une modeste création importée du Japon allait discrètement poser les bases d'un genre alors totalement méconnu. Avec ses couleurs flashy, ses héros au look enfantin, et son gameplay archi décalé, PaRappa The Rapper était incompris, au mieux ignoré, au pire méprisé. Sans aucun doute, cette pièce de l'histoire vidéoludique était trop en avance sur son temps. Déjà parce que pour beaucoup de personnes en 1997, appuyer sur des touches en rythme, ça ne constituait pas vraiment un jeu. Et ensuite parce qu'un rendu hyper coloré en 3D à plat (à la Paper Mario), ça ne respectait pas du tout les conventions de l'époque. Il faut dire qu'on sortait d'une ère de domination hégémonique des sprite multicolores imposés par une certaine Super Nintendo. Du coup, les gamers des années 90 rêvaientde  photoréalisme, de textures high-res et de "full motion vidéo" en 6553 couleurs, bref, on était bien loin des concepts de "PaRappa le petit chien apprend le karaté avec un prof à tête d'oignon". Car oui, avertissement pour nos lecteurs qui n'ont jamais joué à cette pépite : le WTF est présent à tous les étages !


♬ Tatata tata tah !


Bien que 100% hiphop, les titres oscillent entre plusieurs style musicaux dont le reggae.

Retour en 2017. Entre Call Of Douze et FIFA 17, les joueurs sont en quêtes d'exotisme. Alors forcément un petit chien avec un bonnet qui chante un rap enfantin et coloré, c'est un concept plutot génial ! Je vous le dit : Parappa pourrait bien être *le* titre fun et bigarré de ce printemps. Mais voilà, ceux qui ont déjà branché leur vieille PlayStation sur un écran moderne Full HD ou 4K  savent : le jeu méritait un lifting. Ca tombe bien car pour fêter ses vingt ans, le Japan STUDIO de Sony nous offre une version toute neuve et toute belle de ce titre culte. Ceux qui connaissent pourront freestyler avec une image parfaite et un son de bonne qualité. Quant aux nouveaux venus ils pourront découvrir tranquillement le titre sans se forcer à supporter un upscale dégueu et un input lag de leur TV qui serait fatal. What, un input lag fatal comme dans les jeu de stomba ? Ben oui parce que ce jeu hyper mignon est probablement le plus dur de sa catégorie. Explications. Comme dans les jeux de rythme modernes, le but est d'appuyer sur la touche adéquate quand un curseur passe au dessus du symbole. Cette règle simplissime est néanmoins à l'origine d'une difficulté ardue car le timing n'est absolument pas tolérant : des fois, on a l'impression d'avoir un groove parfait, et puis la note de fin tombe, c'est le "BAD" signifiant que l'on doit recommencer la chanson pour passer le niveau. Dans le manuel, peu d'explications et un laconique indicateur de score en guise de seule indice de réussite. Incroyable contraste que celui du style de cet univers et de la rigueur exigée pour arriver à passer les 6 niveaux du jeu.

Crack crack crack the egg into the bowl ♬

"YOU GOT TO BELIEVE"



A être intolérant et punitif de la sorte, le jeu aurait pu être un bide. Les critiques faciles diront d'ailleurs que sa difficulté est volontairement piquante pour rallonger artificiellement la durée de vie. Les aficionados - dont je fais partie - arriveront néanmoins à trouver leur plaisir malgré le challenge. Pourquoi ? D'une part parce que les musiques sont absolument géniales. Des paroles à l'instrumentation, le style si bon enfant est unique et très entrainant. Je précise quand même que le rap, c'est pas ma tasse de thé (ne vous attendez donc pas à entendre du Sexion D'Assault ou du Cypress Hill). D'autre part j'adore l'histoire du jeu. PaRappa est une sorte d'incarnation de l'ado gentillet que j'étais. Il vit des aventures simples comme passer son permis de conduire ou aller au toilettes de la station service. Son rêve est de conquérir la jolie fille à tête de fleur dont il est secrètement amoureux. Mais le beau gosse Joe Chin est un rival tout en pectoraux et en frime, et il cherche à lui voler la vedette. Les clips vidéos nous expliqueront en partie comment PaRappa va réussir à séduire sa belle, micro en main, grâce à ses professeurs de rap. Bref, une histoire attachante, un design intemporel et une bande-son au top donnent au jeu son statut culte. Ces qualités donnent aux joueurs de vraies raison pour lui pardonner aussi bien sa difficulté frustrante que le reste de ses imperfections. Comme par exemple le fait que les vidéos du remaster ne sont pas en plein écran, ou que certains comportements ressemblent fortement à des bugs (un retry alors qu'on ne le méritait pas, un plantage après avoir une sauvegarde...).

Conclusion


Dix ans après sa sortie initiale fort discrète, PaRappa revenait en force avec une version PSP. Pour cette nouvelle décennie, le JAPAN Studio nous offre un relift 1080p et 4K bienvenu. Fidèle à l'original, cette version PS4 est encore marquée par une mécanique de jeu difficilement maitrisable et contrastant avec la fraicheur globale du titre. Néanmoins, peu importe ses défauts : quand on en parle à son entourage, ça se termine toujours  "aaaah nan mais tu connais pas Parrappa ? Il faut trop que tu l'essaye, c'est de la balle". Mignon, drôle, mais exigeant et aussi parfois frustrant : PaRappa The Rapper pourra aisément remplacer votre petite amie pendant une bonne douzaine d'heures, le temps d'être vraiment lassé de ses musiques intemporelles... avant d'y revenir quelques mois plus tard !

Les + + +:

- Un concentré de bonne humeur
- Une bande son hip hop indémodable
- Un style graphique inimitable...
- ... et sublimé par la HD / 4K (PS4 Pro)

Les - - -:

- Des vidéos encore fenêtrées ?
- Des timings toujours indomptables

Note finale :


PS :
Comme je suis sympa (et que j'ai fini le jeu hier soir), voici quatre astuces pour passer le niveau 3 si vous perdez la foi dans PaRappa The Rapper. En espérant que cela puisse constituer une aide à ceux qui serraient bloqué avant la fin du jeu en mode "normal" :
- Le jeu va vérifier que vous êtes en rythme non seulement pour la phase d'appui du bouton, mais également pour la phase de relachement. Fiez vous donc à votre oreille car le son s'arrête brutalement si vous levez trop tôt.
- La manette Dualshock 4 dispose de 256 niveaux de sensibilité. Veillez à toujours appuyer à fond, et le plus rapidement possible !
- Dans les options, vous pouvez activer la vibration de la manette ainsi qu'un zoom visuel pour accompagner le moment ou il est recommander d'appuyer
- Jouez avec votre coeur, et pas avec vos yeux. YOU GOT TO BELIEVE!