Affichage des articles dont le libellé est AAA. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est AAA. Afficher tous les articles

lundi 27 avril 2020

[Vie du blog] on en est ou ?

Bah alors, tu faisais quoi ?



Six mois sans blogguer. C'est une longue période qui aurait pu être synonyme de vacances mais qui reflètent en réalité des moments intenses, dans d'autres domaines que le jeu vidéo et l'écriture. Cette phrase pourra faire sourire certaines personnes, mais être un gamer acharné est une activité qui peut être épuisante ! Chasser les platines, se faire un avis sur tous les jeux qui sortent, finir les titres qui trainent dans notre backlog plutôt que les survoler... On a beau être sélectif et passionné : tenir un blog ou une chaine youtube sur le jeu vidéo est en 2020 un investissement personnel difficile à porter entre manque de sommeil, perte de motivation, désillusions et questionnement social. Une partie de la France semble partir à la dérive, et j'ai le sentiment que le monde autour de moi commence à s'effriter : incivilités quotidiennes en centre-ville, transports en commun charcutés par les grèves, catastrophes écologiques ignorées par le monde de l'économie, et plus récemment les restrictions des déplacements liées au virus : le temps pour le jeu est devenu pour beaucoup de personnes, une sorte de luxe lointain. L'envie de se poser pour rédiger une analyse ou un avis construit sur une oeuvre vidéoludique devient une action dont certain douterons du sens que cela peut avoir au milieu du contexte actuel. Les batailles pour remplir un chariot de papier toilette, les consommateurs du supermarché qui se chamaillent pour le dernier paquet de farine du rayon ont étouffé mon énergie et mon envie de communiquer. Les crises récentes m'ont ouvert les yeux sur des gens que je trouvais autrefois marrants sur les réseaux sociaux et qui ont révélé leur face la plus sombre, entre intolérance, jugement hâtif, et égocentrisme blessant. Mes propos peuvent sembler naïf tant il est devenu banal que le moindre inconnu impose ajourd'hui son point de vue avec véhémence sur la liberté de penser des uns et des autres (au hasard la vitesse sur la route, les vaccins, le montant du RSA, ou la puissance de la PlayStation 5). Néanmoins, Facebook n'a pas toujours été un repère à blagues de boomer, et Twitter a déjà été autre chose qu'un outil d'expression de l'"Internet shouting factory". La vie continue cepandant, et avec plus ou moins de difficulté, on arrive à regarder du bon côté, nettoyer sa TL, se recentrer autour de nos proches, éteindre les news, ouvrir les yeux, respirer, vivre, jouer.


Et du coup, tu abandonnes le jeu vidéo ?



Non. J'ai juste réduit les doses. Fini l'heure de Vita tous les matins avant de partir au taf. Exit le projet d'achat de l'écran 4K. Goodbye les soirées jusqu'à 3h du mat pour chercher un objet ou cumuler des points virtuels sur un jeu multijoueur. Ces derniers mois ont donné lieu à un ménage dans ma vie numérique. Oui, je vis ça comme un moment positif. Savourer l'envie de jouer, profiter à fond des jeux qui nous font vibrer, écouter ses envies, supprimer du disque dur ces jeux que l'on apprécie finalement qu'à moitié. Ces derniers mois ont été l'occasion pour moi de :
- parfaire ma (fébrile) technique de pilotage sur Gran Turismo Sport dont je ne me lasse toujours pas (merci le Fanatec + chassis Simétik)
- tester ma résistance au motion sickness en terminant les folles courses de Trackmania avec cet accessoire de ouf qu'est le PlayStation VR et dont je vous présentais l'unboxing du méga pack ici
- faire n'importe quoi dans le débile mais excellent open world Goat Simulator (offert sur le PlayStation+ au mois de février)
- Me refaire Journey, un jeu très court mais magnifique, offert par PlayStation durant le confinement (avec Uncharted Trilogy)
- me ronger les ongles en essayant de découvrir toutes les fins de Erica, un thriller interactif en FMV
- jouer à deux AAA qui s'inscrivent particulièrement bien dans l'actualité 
Ces deux derniers jeux appartiennent à la catégorie des coups de coeur, ceux dont je parlerai dans vingt ans pour se souvenir de la PS4, ceux qui occupent les soirées du quotidien et qui donnent envie de raconter ses aventures le lendemain quand on croise les collègues!


Un zeste d'innocence



Dans ce monde de brutes, j'ai reçu une bonne bouffée d'air frais en m'intéressant au destin de la frangine et du petit frangin de A Plague Tale, qui perdent leur parents en pleine infection de peste durant le moyen âge. On ne sait pas trop ce que le petit à voir dans cette affaire, mais le scénario habilement distillé  m'a tenu en haleine jusqu'au bout. Est-il un vecteur de la maladie ? En est-il la cause malfaisante de ce fléau qui frappe le monde de plein fouet ? Entre mysticisme, histoire et dogme religieux, les énigmes passent agréablement bien. Le jeu est plutôt du genre facile et pas trop long, sans forcément me donner l'impression d'être considéré comme un demeuré. Bien que vanté par la presse pro, j'ai été déçu par les graphismes, fort mignons mais pas très fins quand ça bouge, même sur PS4 Pro. Du coup voilà, je n'ai pas rédigé de test, et je lui aurais collé un bon 4 sur 5 parce que bon voilà, j'ai toujours été un peu sévère sur mes notations. De toutes manières le sujet a été couvert mille fois par les autres médias depuis que j'y joue. Si vous n'avez toujours pas mis la main dessus, foncez, chopez le de préférence en démat, comme ça vous ne mettrez personne en danger et en plus il est à 15€ avec les promos de printemps, qui seront peut être les 15 meilleurs euros que vous dépenserez cette année.





"Les livreurs le détestent, découvrez son secret!"



Ma came la plus addictive de ces derniers mois, c'est certainement Death Stranding. Le premier Kojima que j'ai fait sérieusement - parce que les dialogues des Metal Gear Solid que j'ai essayé auparavant m'ont toujours un peu saoulé (mais chuuut). Plus beau qu'un road trip en Bretagne, un jeu d'acteur en Motion Capture digne d'Hollywood, une histoire dramatique qui prend aux tripes, des mécanismes de gameplay profonds. Véritable pied de nez à Konami ainsi qu'aux détracteur des jeux en monde ouvert dont je fais(ais) partie : Hideo Kojima a réussi à me faire vibrer en me faisant incarner un coursier du futur qui doit simplement livrer des colis. Je n'y aurais pas cru moi même mais c'est tellement beau et bien  réalisé que j'ai eu un instant l'envie de m'acheter un tricycle et d'aller postuler chez Chronopost. Comment donc réussir à captiver les joueurs pour leur effectuer des dizaines d'aller retours entre deux PNJ ? En introduisant des récompenses mais aussi du risque lors de chaque nouvelle livraison : entre les voleurs de cargaison et les pluies toxiques faisant apparaitre de mystérieux esprit, mon coeur a battu la chamade, me faisant oublier que tout ceci n'étaient que des images sur un écran. Le tout se déroule bien entendu sur fond de recherche génétique et psychosensorielles basée sur le lien affectif entre adultes et bébés humains. La bande son est géniale. Une claque, un chef d'oeuvre, je lui colle six étoiles sur cinq sans hésiter une seconde. Et dès que je le termine, je me lance un peu plus sérieusement dans les Metal Gear Solid !




jeudi 27 juin 2019

[Trailer] The Sinking City


J'ai faill écrire un truc comme Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn, mais je me suis dit que ça ferait peut être peur aux nouveau lecteurs! Donc pour faire une news plus conventionnelle, on va dire que s'il fait trop chaud cet été, il est possible de s'immerger dans la moiteur d'un Innsmouth virtuel, la ville imaginaire de H.P. Lovecraft, aka le meilleur auteur d'horreur que l'angleterre a connu dans les années 1900. Cultes effrayants, villageois malaisants et enquêtes sur fond de monstruosités seront au programme, joie! Le jeu, sorti aujourd'hui, est réalisé par l'équipe derrière la série des Sherlock Holmes et promet une expérience angoissante et fidèle à l'oeuvre de l'auteur. A suivre de près si vous aimez la littérature fantastique...




mardi 11 juin 2019

[Avis] Days Gone (PS4)




Dans un futur proche, la civilisation humaine a sombré dans l'horreur. Les consoles de jeu ont complètement disparu, remplacées par des machines de cloud gaming connectées en 5G. Le marché des jeux vidéo se voit envahi par les puzzle games et les free-to-play, offrant aux acheteurs de DLC des achievements quasi instantanés. La parution quotidienne de DLC occupe les quelques journalistes spécialisés restant, pendant que des hordes de joueurs tentent de survivre en streamant leurs parties sur des services rassemblant vidéo et e-commerce.
Oups, attendez, je crois que je me suis gourré : ça c'est le synopsis de l'E3 2019 ! Bon okay, je me suis levé tôt ce matin (journée de solidarité oblige), et j'ai du mélanger mes notes sur le salon avec celles de mon test de Days Gone ! On reprend donc. Nous allons donc parler dans ce blogpost de Days Gone, un triple A bien costaud exclusif à la PlayStation 4, sorti au mois de mai 2019. Il est dispo en démat comme en physique, et offre une aventure 100% solo en monde ouvert, avec une bonne grosse durée de vie de plusieurs dizaines d'heures. Allez hop on ferme nos volets, et la porte d'entrée à double tour pour rentrer dans la peau de Deacon, un motard viril qui évolue dans un monde en proie à un virus transmis par les morsures des infectés.

Bienvenue en Oregon



En développement depuis quand même plus de quatre ans, le jeu commence par une installation assez gargantuesque, suivi d'un monstrueux loading. Heureusement, après trois petites minutes, la PS4 et son système d'installation en tâche de fond nous permet de commencer à découvrir l'histoire de notre valeureux biker. Alors que l'humanité tente de survivre à l'infestation en bâtissant des camps de fortune, Deacon est frappé par la souffrance personnelle : Sarah, sa femme est morte de l'infection quelques mois après avoir été confiée à un médecin du gouvernement, et Boozer, son unique et meilleur ami vient de subir une fraiche morsure d'un mutant. 
Sans en dire plus, le scénario de Days Gone réserve son lot de rebondissements... 
Le type est donc pas vraiment jouasse, et ça se comprend. Fièvre, douleur, et incapacité à aller chasser pour trouver de quoi manger : pas question de laisser son pote dans cet état. Les deux acolytes se retrouvent donc stoppés nets dans leurs plan de rejoindre le nord des USA, là où l'on dit que la situation est plus calme.
La tenue idéale du campeur en 2019 : silencieux de fusil en boite de conserve et couteau de survie dans la botte!
Le scénario est donc relativement classique pour le genre. Il apporte suffisamment de souffle pour donner un sens aux multiples quêtes en monde ouvert, mais il se révèle un peu court quand il s'agit de véhiculer de l'émotion au joueur. Le potentiel était là pour nous faire pleurer toutes les larmes de notre corps (qui n'as pas eu envie de verser une larme en jouant aux Walking Dead de Telltale?), mais non. En réalité, on a à peine le temps de s'apitoyer sur le sort des protagonistes que Deacon est déjà en train de tabasser des infectés avec une batte de baseball, le tout en hurlant quelques virils jurons et en poussant des râles gutturaux!

Quand David sonne...



Alors oui, le personnage principal est un peu froid, et le scénario est super classique. Mais il y a ce petit quelque chose qui rendre l'expérience Days Gone exceptionnelle. Comme souvent avec les exclus de chez Sony Interactive Entertainement, l'ensemble s'impose dès les premières minutes de jeu comme une référence. La direction artistique, à l'image des protagonistes, est froidement réaliste. Les forêts de l'Oregon sont vibrantes et peuplées d'une faune et d'une flore fort bien modélisées.
L'infiltration permet souvent de se sortir des pires situations, en particulier lors des balades nocturnes.

Pour éviter au joueur de courir dans les champs pour réaliser les quêtes, les déplacements se font à moto, avec une Harley Davidson entièrement customisable. Les sensations de pilotages sur les chemin boueux sont parfaitement équilibrées : à la fois fun tout en offrant quelques glissades qui pourront se révéler fatales en cas de conduite trop audacieuse. Loin d'être des accessoires inutile, les améliorations de la moto permettent de vraiment ressentir les différences en terme de pilotage (vitesse de pointe, tenue de route, etc...).
La minicarte  bien foutue permet de se repérer en un clin d'oeil.


Quant aux combats, on est face à un gameplay irréprochable. La stabilité des visées, la portée, le recul, la puissance des différentes armes : les développeurs de Bend Studio nous démontrent une expertise indéniable, construite au fil des années au travers de la série Syphon Filter ou encore avec la version Vita de Uncharted. Le rythme est maitrisé, alternant entre des moments trop calmes pour être rassurants, et des séquences de gunfight intenses, comme quand une horde entière se relève d'un charnier, découvert par hasard au détour d'un chemin. Le petit plus génial : il est possible de continuer de tirer tout en se déplaçant à moto!
Des vestiges des opérations de sauvetage permettront d'en savoir plus sur ce qui s'est passé. 
Le gameplay repose essentiellement sur la réalisation de quêtes (monde ouvert oblige) qui exposent petit à petit le scénario global, au travers de dialogues et de flashbacks intégralement jouables. Assaut, infiltration, ou recherche de ressources : les grands classiques y passent, mais plus que l'objet de ces quêtes, c'est surtout l'habile articulation entre elles qui rend l'expérience de jeu captivante. Ayant vite l'habitude de me perdre dans les jeux en monde ouverts, j'avais un peu peur de ne pas accrocher, mais l'action m'a tenu en haleine du début à la fin de l'aventure. Les arcs scénaristiques peuvent être déroulés indépendamment les uns des autres, selon les envies du joueur.

En résumé



Alors oui, Days Gone ne casse pas les codes du genre, mais il propose une recette excellente à base d'ingrédients connus. Il est *le* jeu de zombie du moment : des graphismes ultra propres, une durée de vie en béton et un gameplay peaufiné. Entre complot gouvernemental, intrigue sentimentale et découverte du passé, son histoire se déroule de manière fluide au rythme des missions souvent palpitantes. On lui pardonne ainsi aisément ses dialogues de gros durs un brin clichés ou son scénario très classique pour le genre. Days Gone méritait d'offrir un peu plus d'émotions au travers de ses héros pour être le jeu de l'année. Il est avant tout un excellent TPS, viril à souhait, qui offrira des moments d'anthologie aux experts du gunfight.


Quel kiff !

- Réalisation à couper le souffle
- L'ambiance de la forêt nord américaine
- Des gunfights, et du pilotage de moto parfaits
- Grosse qualité graphique
- Des missions rythmées

Les petits warnings :

- Des protagonistes très virils, mais un peu froids
- Réservé à une audience mature

La note finale :


lundi 13 mai 2019

[Trailer] A Plague Tale : Innocence

Un "triple A" made in France ça vous tente ? De l'aventure avec plein d'émotion, des millions de rats affichés simultanément en 4K sur PS4 Pro, et un rendu cinématographique en VF... Ca s'annonce grandiose pour le dernier jeu d'Asobo Studios, des indés bordelais principalement connus pour les adaptations des long-métrages animés de Disney (et aussi pour Fuel, un jeu PS3 en monde ouvert si certains s'en souviennent encore). L'aventure plongera les joueurs dans le quotidien d'un couple d'enfants poursuivi par une armée durant le moyen âge. Le gameplay repose sur des séquences d'action, d'infiltration et d'aventure, le tout imbibé de craft, de sorcellerie et et de peste noire. Oh joie.  Bref, nous ne manquerons pas de vous partager notre avis avis sur The Plague Tale: Innocence qui sort demain, c''est à dire le 14 mai. Argh, le même jour que l'assassinat de Henri iV par Ravaillac. Vous voilà prévenus.


Extrait du communiqué de Focus Home :

Vivez le récit déchirant d’Amicia et de son petit frère Hugo, livrés à eux-mêmes au cœur des heures les plus sombres de l’Histoire. Pourchassés par l'Inquisition et cernés par l'avancée inexorable des hordes de rats, ils devront lutter pour survivre et trouver leur rôle dans ce monde impitoyable.

mercredi 23 janvier 2019

Un collector ultra rare de Metro Exodus à gagner !

Cela fait maintenant trèèès longtemps que je ne vous avait pas parlé d'édition collector sur le blog. D'une part parce que Instagram et Youtube ont largement pris le relais pour exposer des photos ou faire vivre l'expérience de l'unboxing, d'autre part parce que je trouve que beaucoup de collectors se suivent et se ressemblent au fil de ces dernières années. Au point que le tryptique "statuettes, artbooks, steelbooks" est un peu devenu le "métro boulot dodo" du collectionneur assidu. Mais en parlant de métro, je me suis dit qu'il fallait absolument que je vous parle du collector de Metro Exodus. Pour plein de raisons. La première c'est que son tirage est absolument restreint : seulement 10 exemplaires dans le monde vont être fabriqués. Ca au moins, c'est exclusif! La seconde est qu'il ne s'achète pas : pour le moment seul un exemplaire est à gagner sur ce site, qui révèle jour après jour quelles sont les conditions d'attributions des 8 exemplaires encore restant. La troisième et dernière raison, c'est que son contenu est complètement barjo : entre autres un masque à gaz anti poussières radioactives, un dogtag... gravé à votre propre nom (!), et une montre à tube Nixie fonctionnelle (oui vous savez ces petits tubes qui produisent des arcs électriques ). Quant au sempiternel steelbook, les heureux possesseurs se retrouveront en fait avec une caisse à munition. Une vraie p*** de caisse, en vrai acier. On ne sait pas s'il y aura le jeu avec, mais peu importe : ce collector ouvrira à son possesseur les portes de n'importe quel bar cyberpunk des plus obscurs villages russes... ce qui le rend de facto complètement indispensable. Ou presque.

Plus sérieusement, il faudra se rendre sur le site officiel pour avoir une chance de gagner cet objet exclusif - et carrément WTF. Comme on dit : "c'est ma femme qui va être heureuse d'avoir ça dans le salon si je gagne...". Pour ma part je dirais, qu'il serait parfait pour égayer mon étagère de salon à coté de mon fameux casque Hellgast (et oui, ça ne me rajeunit pas!)



vendredi 18 mai 2018

[Test] God Of War (PS4)

Avec un dernier épisode en demi-teinte sorti sur PS3 il y a 5 ans, l'arrivée de God Of War sur PS4 se faisait attendre parmi les fans. Après des mouvements de personnels houleux chez Santa Monica (genre démission de Cory Barlog, directeur créatif travaillant sur la licence depuis 2005), on ne pouvait qu'être inquiet pour l'avenir de cette série culte. D'autant plus que le concept même de la licence est revu en profondeur. Eh oui : bye bye le héros ultra-viril qui cherche à se venger des dieux de la Grèce antique ! Kratos a pris sa retraite et s'en est allé vivre avec femme et enfant dans les montagnes scandinaves. Les plus observateurs remarqueront que ce coup de frais ne semble pas affecter notre héros puisqu'il se trimbale toujours avec le torse à l'air malgré la neige 😃. Mais qu'en est-il du plaisir de jeu ? Reste-t-il intact lui aussi, après le long périple de Kratos ? Le panthéon nordique arrive-t-il à égaler les divinités de l'Olympe? Ma réponse dans ce test !

Laisse pas trainer ton fils



Après une séquence d'intro discrète mais dont le rendu visuel n'a plus rien à envier aux productions cinématographique (Kratos est maintenant "photoréaliste"), on se rend compte que tout à changé ! L'ambiance, les voix, la maniabilité et même le grain de l'image : cet épisode n'a ni le goût, ni l'odeur des colères divines méditerranéennes auxquels les fans de la licence ont été habitués ces dix dernières années.
Les décors ne sont pas sans évoquer Tomb Raider, l'ancien projet de Cory Barlog

La rupture avec les anciens épisodes est complète, et l'aventure commence même par une séance de... babysitting ! Atreus, le fil de Kratos, se retrouve en effet seul avec son père et doit apprendre à survivre au milieu d'une forêt grouillante de monstres issus de la mythologie nordique. Au joueur donc de jouer les "papa poule" en le guidant dans l'apprentissage de la vie sauvage : chasse au daim (les américains seront ravis), au sanglier, et massacre d'un ensemble de saloperies plus ou moins agressives. Ça au moins, ça ne change pas de la Grèce. Notez bien que j'ai écris "papa poule" entre guillemets, puisque Kratos, en bon gros rustre, hurle à longueur de temps après son gosse... jamais vu un père parler avec autant de mauvaise humeur à son fils. Néanmoins le guerrier à la peau blanchie semble plus posé qu'auparavant, il me fait même penser à Joel dans The Last Of Us...  La violence des combats est donc désormais accompagnée de scènes qui soulèvent une violence psychologique certaine due à la présence de cet enfant. Le jeu n'hésite pas à multiplier la confrontation entre enfance et ultra violence, ce qui j'en suis sûr, ne manquera pas de provoquer un certain émoi (oserai-je dire "malaise" ?) auprès d'une certaine catégorie de public.
Le titre regorge de grottes et de lieux sombres à visiter.

Si ce virage rend l'épisode forcément plus émouvant que les précédents, j'ai quand même le sentiment que ce reboot a perdu une partie de l'ADN de la série : le feeling beat'em all de l'antiquité teinté de violence gratuite et légère se retrouve altéré par la bienveillance d'un Kratos qui éprouve le besoin de protéger son enfant. Comme je suis un chic type, je vous donne un exemple : une des missions du jeu consiste à aller chercher des fleurs pour essayer de sauver un sanglier sauvage blessé par une flèche 😘. Trop meugnon, mais pas très Kratos ...

A Thor et à travers



Kratos a beau être rongé par son passé et attendri par sa progéniture : le gars reste quand même plus badass que n'importe quel pilier de salle de muscu. D'une part sa barbe est toujours aussi impressionnante (utilise-t-il un huile spéciale ? Ou se rend-il régulièrement chez le barbier ? Le mystère reste entier...) mais surtout, il est prêt à en découdre avec des monstres faisant trois fois, dix fois, ou cent fois sa taille.
J'ai appris grâce à God Of War que le duckface puise ses origines dans la mythologie nordique.

Qu'importe si ses brassards à lames sont mis de côté, car la hache de sa décédée femme va faire gicler le sang d'une manière impitoyablement gore ! Les coups de boucliers, les coups de poings en mode colère (activés par la pression conjointe des deux sticks) et les hurlements lors des combats sont le signe que le feu de la colère brûle toujours dans le for intérieur du héros spartiate. La démesure, la nonchalance, et la mise en scène titanesque répondent présent à l'appel, comme pour nous rappeler à nous les joueurs, qui est le big boss parmi les héros de jeu vidéo ! Graphiquement, le jeu est énorme, le rendu est nickel, les temps de chargements sont (quasi) absents, et la caméra procure une immersion surprenante pour jeu à la troisième personne. Même sans PS4 Pro, il y a de quoi mettre une franche claque visuelle, mention spéciale à cette fantastique modélisation de la neige.
Toutes les captures de ce test sont réalisées "à chaud", sans retouche aucune, et sur une PS4 "non pro". Et ça a de la gueule!
La cerise sur le gâteau revient peut être à la théâtralisation du scénario : on y rencontre des PNJ à la fois angoissant et attachants, ayant chacun leur propre démarche ainsi qu'un doublage FR pas loin d'être parfait, et chaque séquence narrative s'intercale au milieu de l'action d'une manière naturelle. La magie est là, et j'ai pu constater après quelques nuits blanches qu'il est difficile de poser la manette au cours de la vingtaine d'heures offerte par l'aventure...

En quelques mots



Kratos revient en force sur PS4 et PS4 Pro. La violence et la démesure sont toujours la marque de fabrique de la série, mais le guerrier enragé à cédé la place à un protecteur viril : le fils du bonhomme a besoin d'être épaulé pour vaincre et survivre à toutes les horreurs de la mythologie nordique qui peuplent la montagne de Midgard. Cette facette du héros que l'on ne soupçonnait pas s'accompagne d'un scénario plus riche en émotions que ce à quoi on était habitué, ainsi que d'une narration fort différente des anciens épisodes, mais toute aussi soignée.
Le zeste de RPG permet d'équiper Kratos, de forger des objets, et de booster les caractéristiques des protagonistes.
Le gameplay a évolué lui aussi en passant en mode "semi-ouvert" et avec la possibilité de booster Kratos comme dans un RPG. La qualité de la réalisation de cette exclu PS4 est hors du commun : le jeu est d'ores et déjà un des titres emblématique de cette génération de consoles. Au final : God Of War cuvée 2018 signe donc un nouveau départ audacieux, véritable tour de main de la part du studio Santa Monica !

God Of War 2018 c'est :

- une claque visuelle
- des doublages FR excellents
- un renouveau pour la licence

mais aussi :

- un choix assumé de dénaturer la série
- déconseillé si vous avez des enfants dans la pièce

Score final :

dimanche 25 mars 2018

[Test] The Frozen Wilds

Ayant fini il y a peu le génial Horizon Zero Dawn, j'ai eu envie de me replonger dans l'aventure avec l'extension "The Frozen Wilds". Sorti en Novembre dernier, l'add-on propose de prolonger l'aventure d'Aloy, notre chasseuse-survivante- enquêteuse à tout va. La promesse de ce DLC ? Offrir un contenu solo de qualité dans un nouvel environnement. Guerilla Games a donc écouté les joueurs en leur offrant un nouvel épisode suite au plébiscite de leur nouvelle licence. Réputé indispensable pour les fans, j'ai décidé de vous révéler mes impressions au travers de ce test, après quelques heures de baguenaudages dans les montagnes enneigées de cette extension.


Les Démons de Minuit



Le panorama de The Frozen Wilds n'a pas à rougir face à Courchevel.
Cette nouvelle aventure prend place en montagne. Pour rentrer dans le cette nouvelle partie du jeu, l'accès prend la forme d'une quête dédiée dans le journal. Allez hop on se rend sur place, et après une séance d'escalade que ne renierait pas Nathan Drake, on y rencontre une sorte de tigre cracheur de feu de 3m de haut. Ce combat a son importance, puisqu'il s'agit en fait d'un test -assez cinglant- pour refuser l'entrée aux joueurs qui n'auraient pas le niveau. Un joueur d'Horizon averti en vaut deux (surtout si vous venez de craquer sur l'édition complète Horizon Zero Dawn + The Frozen Wilds) : en dessous du level 30, ce serait peine perdue de se diriger vers les étendues gelées de ce DLC ! Après une bonne dizaine de minutes d'acharnement, le monstre tombe enfin. J'en ai chi... mais le jeu en vaut la chandelle : après tout, j'ai gagné plusieurs milliers de point d'XP d'un coup! 

Le bâton de piratage se révèle plus utile que jamais dans ce nouvel épisode.

Imaginez mon désarroi quand je me suis rendu compte qu'il ne s'agissait pas d'un boss mais tout simplement d'une des nouvelles machines du bestiaire étendu de cette extension... Néanmoins, après une paire d'heures de jeu, la difficulté est loin de paraître insurmontable, puisque les généreux rewards d'XP permettent de rapidement monter en niveau. Sans compter que les nouvelles améliorations -maintenant adaptables sur la lance- favorisent l'efficacité des offensives pour compenser la brutalité accrue des machines. Cette différence de feeling lors des combats, est d'ailleurs intimement liée à la quête principale, qui explique qu'un nouveau phénomène rend les machines plus aggressives et plus dangereuses qu'avant. Le peuple Banuk (NDA : une tribu sauvage de Horizon) est persuadé qu'elles sont possédées par un démon. Voilà, vous pouvez officiellement profiter du jeu de mot pourri qui fait office de titre à ce paragraphe 😃. Un bien bel effort scénaristique de la part de Guerilla, qui offre aux joueurs un game-design "justifié" et cohérent avec son univers.

Chasse pêche nature et piratage



Dès le début, les décors tranchent avec ceux auquel le jeu original nous a habitués (zones désertiques, plaines ensablées...). Cet environnement alpin s'accompagne d'un ensemble de petites nouveautés fort agréables et qui permettent de rafraichir le jeu, sans toutefois le modifier en profondeur. La faune a changé : le trio lapins/sangliers/renards qui commençait à devenir répétitif est désormais accompagné de moultes autres espèces, rendant les rencontres animales bien plus crédibles. Moutons, putois, écureuils, et font leur apparition, et même d'adorables chouettes 💜, dont le hululement se fait entendre à l'approche des sous-bois. La neige, qui existait déjà dans les régions froide du jeu de base se veut encore un peu plus réaliste : Aloy bénéficie même d'une démarche différente quand elle se retrouve dans la poudreuse jusqu'au cuisses, et les flocons sont si bien réalisés qu'ils donneraient envie de tendre sa langue pour essayer de les attraper 😜.
Ouh ouh. Ouh ouh.

Les balades dans les bois offrent au joueur l'occasion de constater que les terres gelées fourmillent d'activités. A l'approche des villages, il n'est pas rare de croiser une bande de joyeux gaulois Banuks chassant le sanglier. Au final, lorsqu'on débarque au milieu des chaumières à flanc de montage, on se retrouve forcément envouté par l'ambiance "magie de Noël" de ce petit monde, tellement à part.

"Tout plaquer, et partir s'installer dans une yourte en laponie."

Petit monde car la surface parait en effet réduite lorsque l'on regarde la carte globale. Ce qui n'est pas un mal, car les traversées sans packs de "voyage rapide" étaient parfois lassantes dans le jeu original... Dans The Frozen Wilds, le nombre de quêtes, le relief escarpé, la variété des décors arrivent à redonner un certain intérêt aux voyages d'un point à l'autre pour remplir une mission. En dehors de ces ajouts tous bienvenus, l'extension reste sur un schéma bien huilé, puisqu'il s'agira d'aller parler à un PNJ, enquêter sur ce qui s'est passé, et revenir chercher une récompense. La quête principale, dont je ne parlerai pas ici pour ne gâcher aucun plaisir, tourne autour de sujets fort intéressant, par exemple une intrigue autour de cultes shamaniques, ainsi que la découverte des origines de Sylens (qui n'est autre que la voix de l'oreillette).
L'ambiance post-apocalyptique qui ressort par moment n'est pas sans évoquer Dark Souls.




Conclusion



Comme d'hab avec Guerilla Games (qui ne cède pas à la facilité), on constate que le boulot est extrêmement bien fait. Nouvelles anims, nouvelles compétences, nouvelles machines : les nouveautés ne sont pas transcendantes, mais la zone se révèle idéale pour pexer (fort pratique si vous n'avez pas fini le jeu), et relance l'intérêt pour les mordus de la chasse aux machines ! L'incursion au coeur du peuple Banuk, déjà rencontré dans l'arc principal du jeu, crée une ambiance enchanteresse entre quêtes mystérieuses et décors montagnard d'une beauté à baver sur la manette. Au final, The Frozen Wilds est une extension digne de ce nom : sans révolution, elle ravive la flamme autour de ce titre culte de la PS4. Je la recommanderais sans hésiter à quiconque aurait envie de continuer l'aventure.


Trop bien !

- des combats + durs qui donnent plein d'XP
- les chouettes dans les sous-bois 💖
- la montagne, ça vous gagne !
- l'intrigue shamanique

Points négatifs :

- le crafting pas vraiment renouvelé
- donne envie d'aller au ski

La note finale :

lundi 26 février 2018

[Test] Shadow Of The Colossus

Fidèle à ma réputation de joueur un peu grincheux, quand on m'a proposé de tester un énième remaster sur PlayStation 4, je n'étais pas spécialement emballé, pestant intérieurement contre le manque de créativité des dévelopeurs d'aujourd'hui. Franchement, je me demandais bien ce que pouvait apporter cette troisième version de Shadow Of The Colossus, six ans seulement après son passage en HD sur PS3. C'est donc strictement dans le but de ne pas mourir idiot, que j'ai accepté d'insérer la galette dans le mange-disque de ma PS4. Parce qu'après tout on verrait bien si ça vaut le coup ou pas...

L'ombre d'un doute


Pour vous mettre dans le contexte, sachez que j'avais adoré Ico (en particulier sa version PS3), alors que sa suite, Shadow Of The Colossus m'avait plus ou moins laissé de marbre. Non pas que le jeu soit mauvais, loin de là, mais le concept du monde ouvert, sans interface affichée à l'écran, sans PNJ, et sans autre combat en dehors des 16 boss du jeu, ça n'avait pas réussi à me scotcher à l'écran plus de 3 / 4 heures. C'était donc sans grandes attentes que je laissai à Shadow of The Colossus une troisième et dernière chance de ma convaincre. Et grand bien me fit : la magie opéra enfin sur le joueur hermétique que j'étais. Une claque comme je n'en ai pas prise en dix ans, une révélation dans ma carrière de gamer, un chamboulement en foule-achdé. Mais comment un "simple" listing graphique a-t-il pu changer autant l'alchimie de ce titre ?
Toutes les images de ce test ont été capturées in-game. Et c'est encore plus beau quand ça bouge ! 


Elémentaire mon cher Watson : ça parait évident, mais le rendu en résolution 1080p native, ça change tout! Quand il fallait dans la version PS2, se farcir 15 minutes de séquence à cheval en recalibrant la caméra capricieuse, le remaster, lui, offre aux joueurs 15 minutes d'émerveillement en exhibant une végétation plus vraie que nature, des ruisseaux et cascades qui coupent le souffle, et surtout un cheval comme jamais on en a vu auparavant dans un jeu vidéo. Aucun polygone ne traine là où il ne devrait pas, aucune ombre n'est aliasée, et la profondeur de champ semble juste infinie. Bref, si le Shadow Of The Colossus original était considéré comme une perle vidéoludique, alors son remaster est un bijou exemplaire.

Mieux qu'Alexandra Lederman sur Nintendo DS ?


Pour que vous compreniez l'exploit réalisé par Bluepoint Games (le studio en charge de ce remake), attardons nous sur quelques minutes sur Agro : la monture du héros.  Ses hennissements semblent à chaque fois différents. De même que son attitude lorsqu'il nous attend : il broute paisiblement, hume l'air ambiant, dresse ses oreilles pour capter les sons environnants, ou encore flâne détendu, l'air de rien, en nous accompagnant fidèlement. Le rendu de son poil est des plus naturels : on dirait que chaque fibre de son crin bouge indépendamment, avec un mouvement toujours synchronisé au vent ou à son déplacement. Lorsque qu'il trotte, ou galope, les changements de rythmes sont parfaitement progressifs. Et lorsqu'il emprunte des chemins caillouteux et escarpés, ses sabots semblent glisser si le rocher sur laquelle il s'appuie est trop lisse!
Les effets de lumière à la lisière du bois sont hallucinants de beauté. 


Quand à son cavalier, celui-ci pourra le monter calmement, ou bien lui sauter dessus , en encore s'agripper à lui en courant : dans les trois cas, l'animation aura l'air naturelle, humaine, sincère. Aucune animation ne donne au joueur cette impression un peu figée de déclencher une séquence avec l'appui sur un bouton. Le souci du détail de ce remake atteint un seuil extrême. Ainsi, les phases de gameplay en monde ouvert, auparavant synonymes de longueur, se voient soudainement dotée d'un intérêt : la découverte de la myriade de détails de ce monde virtuel. Je dois vous avouer que durant les premières heures du jeu, j'ai passé mon temps à marteler la touche SHARE de la manette tellement j'avais envie de capturer la beauté de l'image😄. Une fois que l'on est habitué, on se laisse finalement aller à profiter de la beauté des paysages, en mode cheveux au vent, traversant forêts, plaines luxuriantes, plateaux montagnards et autre déserts... pour aller chasser du colosse!

Colosse Hunter 3


Ah oui, en fait je ne vous ai pas dit... Si vous n'êtes pas familier avec Shadow Of the Colossus, il s'agit d'un jeu de chasse. Le fil conducteur de l'histoire est mince, et aucun PNJ autre que la voix demandant de tuer les 16 monstres du jeu n'interviendront au cours de la quête du joueur. Atypique, poétique, et jouant sur une palette d'émotion plus large que les autres jeux de castagne de monstre, les mécaniques de jeu de Shadow Of The Colossus se révèlent toujours aussi efficaces, tout en misant sur le minimalisme.
La caméra offre bien souvent des point de vues épiques sur les immenses colosses.



D'abord, on pointe son épée en direction de la lumière pour être guidé, ensuite on rencontre un immense monstre, et puis le but devient de trouver son point faible afin d'y planter notre épée. Ce point faible est différent pour chaque Colosse, forcément. La durée de vie est respectable : une dizaine d'heure est nécessaire pour finir le jeu une première fois... et comme le remake est là pour vous en donner toujours plus, un NG+ offrant une nouvelle expérience de chasse est à disposition, accompagné de son lot de collectibles bien planqués.

Conclusion



Alors que j'étais plutôt réticent à la base, ce remake a changé mon point vue sur l'utilité de ressortir des titres de la génération précédente sur la PS4. Comment ne pas être enchanté par un rendu aussi éblouissant que celui de ce remaster ? Cette version améliorée de Shadow Of The Colossus™ m'a également permis d'apprécier un peu mieux l'oeuvre de son créateur Fumito Ueda. Poétique, subtile, et minimaliste : l'expérience prend tout son sens grâce au rendu Full HD. Bluepoint Games signe avec cette version ultime un des meilleurs portage PS4, qui rentrera allègrement dans la liste des plus beaux jeux de la console en général. L'hommage au créateur japonais est donc réussi, et à ceux qui doutent encore, je ne peux que leur conseiller d'essayer ce titre, manette en main...

Pour résumer :

- un des plus beau jeu de la console
- gameplay toujours sensationnel
- un scénario empli d'émotion
- un mode new game +

Pour chipoter  :

- 30 fps au lieu de 60 fps

Score final :

mercredi 8 novembre 2017

[Test] Gran Turismo™ Sport


Après plusieurs années au point mort, cette licence phare de la simulation automobile née il y a 24 ans sur PlaySation était attendue au tournant. Pendant que Kazunory Yamauchi et son équipe mettaient à jour le moteur du jeu, la concurrence (Project Cars et Forza pour ne pas les citer) en a profité pour prendre quelques tours d'avance. Ayant épuisé mon quota de métaphores routières pour cette introduction, je vous propose sans plus attendre de rentrer dans le vif du sujet en vous présentant mes impressions sur ce blockbuster dispo en magasins depuis le 18 Octobre 2017. Après deux semaines intensives plongé dans le milieu de la course automobile virtuelle, je vous livre donc ici mon retour d'expérience.

Grands tourisme : maux



Ne tournons pas autour du pot (d'échappement) : Gran Turismo Sport est et reste un épisode dans la pure continuité des opus précédents. Du côté des nouveautés, les graphismes sont bien sûr améliorés : ils gagnent en finesse et en photoréalisme, notamment grâce à un astucieux menu d'étalonnage du contraste. Les derniers gadgets de l'écosystème PS4 sont intégrés : la pléthore de volant Thrustmaster dispose de son menu dédié aux réglages, le PlayStation VR est supporté, et l'abonnement PlayStation Plus devient nécessaire pour profiter du mode en ligne.

Gran Turismo Sport comparatif
En solo, le ghost est là pour aider le joueur à améliorer ses chronos.

Pour ce qui est du jeu en lui même, les fidèles ne seront absolument pas dépaysés. Les détracteurs de la série non plus, puisque les reproches adressées aux précédents épisodes risquent d'avoir un goût de déjà-vu : la physique des véhicules reste quasi inchangée, pas de dégâts sur les voitures lors des impacts, et l'IA se borne à suivre la trajectoire qui lui a été imposée. On pourrait ajouter quelques défauts à cette liste, puisque dorénavant, une connexion internet est obligatoire pour sauver sa progression, et les tutoriels des épreuves du mode Campagne prennent la forme de vidéos Youtube (bonjours les coupures quand le débit de votre opérateur n'est pas stable...). De prime abord, on serait donc tenté de résumer les avancées de cette version PS4 par un lifting graphique accompagné de nouveaux menus et de fonctionnalités "sociales". Oui, on pourrait voir les choses comme ça. Ce qui nécessiterait alors de se forcer à fermer les yeux sur la deuxième moitié du titre : Sport.

Phares à paupières



Et le sport c'est quoi au juste ? Est-ce qu'arriver à finir des jeux difficiles et vaincre une IA peut être considéré comme du sport ? Probablement pas. Le sport, c'est avant tout une discipline conviviale qui amène un ensemble de personnes à se réunir pour comparer leur performance. J'ai la ferme impression que c'est précisément sous cet angle que les créateurs de Gran Turismo Sport ont voulu montrer les choses, en souhaitant certainement dépasser un peu plus le cadre du jeu vidéo.

civic type r 2015
Bienheureux celui qui s'offrira une Civic Type R en tant que première voiture...

Tout commence par une formation obligatoire au "fair play" sur piste. Cette présentation des règles débloque ensuite le fameux mode sport (qui nécessite un abo PSN puisqu'exclusivement basé sur des courses online). Si dans Driveclub on pouvait se permettre d'ouvrir un menu pour faire un restart à la première sortie de piste, dans Gran Turismo Sport il n'en est rien. D'abord parce que les courses prennent la forme d'épreuves qui se déroulent toutes les 20 minutes environ. Ensuite parce que les concurrents humains pourraient à tout moment effectuer eux-même une sortie de piste qui se révèlerait bénéfique pour remonter dans le classement. Alors bien sûr, les courses traditionnelles contre l'IA existent toujours. Mais elles sont reléguées au mode "Arcade" et ne sont pas comptabilisées dans le classement. Pour progresser, il faudra donc participer aux championnats en ligne.

Gran Turismo cockpit
La vue cockpit est pour une fois l'une de plus jouable!
Mais que serait le sport sans esprit sportif ? Pour inciter à la loyauté et à la bienséance, des qualités parfois "oubliées" dans le milieu du jeu en ligne, l'équipe de Polyphony Digital a mis en place un système de points de réputation. Gare à celui qui serait un peu trop virulent sur la route : les collisions ou comportement inadéquat avec les adversaires feront chuter au classement public ! Les mauvaises langues diront que c'est une manière de contourner les limites de la gestion des collisions. Les amateurs de conduite sur circuit apprécieront enfin de pouvoir pratiquer leur loisir sans se retrouver poussés par des participants peu respectueux. Malin et efficace  : sur la vingtaine de courses que j'ai pu faire en ligne, l'ambiance était bonne, et le respect entre joueurs généralement bien présent.

Toutes options incluses



A côté de ces concepts et choix de game-design, parlons un peu technique. C'est grâce à un rendu graphique hors du commun que la série s'est fait connaitre. L'équipe de Polyphony Digital est-elle toujours au sommet ? La réponse est oui. Alors on pourra pester sur les vidéos du tutoriel en basse définition et hébergés sur youtube, ou encore se demander quels sont les choix qui ont poussé les développeurs à afficher des cadres noirs dans les habillages de certains menus. Mais on pourra surtout s'extasier pendant quelques années encore devant la modélisation des quelques 150 véhicules en très haute définition (qui aux dires des développeurs supporteraient carrément un rendu en 8K).

Gran Turismo Sport le plus beau
Le mode photo pousse le bouchon du réalisme vraiment trèèèès loin.

L'effet Wahou est bien là, même en 1080p. Les vues intérieures parfaitement jouables, les effets de lumières liés à l'heure de la course, la gestion des reflets sur le métal et les pare-brises arracheront un filet de bave justifié à tout amateur de carrosserie. Filet de bave qui sera d'autant plus difficile à contrôler en cas de possession de PS4 Pro, puisque le moteur graphique sortira alors un rendu en 4K à 60fps. Bien que classique, le moteur physique me semble toujours au goût du jour : on "sent" toujours aussi bien les véhicules, leurs transferts de masse, ainsi que les différences entre les modes de transmission au sol (traction, 4x4, propulsions). Coté contenu, plusieurs fonctions annexes enfoncent le clou, pour le plus grand plaisir des amateurs de #carporn. Un mode photographie, sous la forme d'un DLC (gratuit) de 9Go permet de construire des scènes toutes plus magnifiques les unes que les autres et prenant place dans des lieux réels aux 4 coins du globe. Gadget certes, mais ce mode photo shooting est tellement bien foutu qu'on y passe rapidement quelques heures quand on se prend au jeu ! J'ai également fortement apprécié le contenu encyclopédique dédié à l'automobile : vidéos historiques, présentation des technologies, catalogues des constructeurs, etc.

Les vis à mille tonnes



Plus qu'un jeu, cette première publication sur PS4 de la licence Gran Turismo mélange agréablement les univers de la simulation et du sport mécanique. Grâce a son moteur 3D et ses modélisations au goût du jour, Gran Turismo Sport arrive avec brio à transposer l'ambiance circuit dans nos salons de joueurs console. Renouvelant la série sans la bousculer, l'épisode garde les petits défauts qui ont toujours caractérisé la série. Contrairement à certains titres issus du monde de la simulation hardcore, GT Sport ne néglige ni l'accessibilité, ni la qualité du rendu graphique. Quant à son gameplay dirigé par Lewis Hamilton lui-même, il résonnera principalement chez les amoureux du monde de l'automobile. Ainsi, ceux qui voient Gran Turismo comme un moyen de pratiquer leur technique de pilote deviendront certainement un peu meilleur sur la piste !



C'est une tuerie :

- Le jeu de bagnole le plus beau du moment
- L'ambiance circuit dans son canap'
 - Plein de contenu annexe

... qui aurait pu éviter :

- d'avoir un mode arcade si discret
- d'imposer la connexion internet pour un peu tout
- d'inclure des tutos vidéos streamés depuis youtube !?

Score final :

samedi 30 septembre 2017

[Test] Uncharted, The Lost Legacy


Sorti à la fin du mois d'Août, The Lost Legacy est venu donner de la joie à mon écran en cette période de feuilles mortes et d'ondées automnales. Ultime épisode de la quadrilogie il était à la base prévu pour être un simple DLC à son excellence Uncharted 4. Et puis il a tellement plu aux managers de Sony qu'il a été décidé d'en faire un jeu en stand-alone. Et paf : 40 pièces d'or et 40 gigas de téléchargement seront donc nécessaires pour accéder à cet épisode ultime de la tétralogie la plus hollywoodienne de ces dernières années. Cet Uncharted 4.5 est il le nouveau le coup maitre du studio Naughty Dog, ou est-il un simple packs de niveau pour prétexter un dernier passage à la caisse des fans ? Voici notre point de vue.


En entrée : Bouddah aux pommes


The Lost Legacy se présente comme un épilogue au dernier épisode paru l'an dernier. Nathan ayant pris sa retraite, c'est aux commande de la très entreprenante Chloe Frazer que nous allons vivre cette ultime aventure. Ca tombe car l'héroine brune bien connue des fans de la saga est depuis toujours ma favorite. Aux antipodes du cliché de la femme objet, Chloe incarne tout ce que j'aime dans l'image de la femme moderne : directe, audacieuse, et un peu farouche avec ce coté garçon manqué qui cache une faiblesse toute féminine... Elle est accompagnée de la peu recommandable Nadine Ross, la mercenaire rencontrée dans le dernier opus : instable, acerbe et au style plutôt tapageur.

Tous les champions seront d'accord sur ce point : "la roue tourne tournera"

Autour de ce duo de choc, l'aventure va osciller entre moments de tension avec une Nadine toujours nerveuse et imprévisible, et moments de franche rigolade, grâce à l'humour increvable de l'ex-acolyte de Nathan. L'aventure en question nous emmène dans des lieux exotiques, fidèle à la tradition de la série, et nous fait visiter l'Inde, à la recherche d'une relique historique sacrée : la corne de Ganesh.

Le guide local avait pourtant déconseillé le parcours d'accrobranche urbaine en pleine mousson!


Ce n'est pas tant l'exotisme des décors qui dépaysera l'habitué de la série. C'est surtout cette ambiance instaurée par l'héroisme au féminin qui m'aura marqué, avec un jeu d'actrices et des dialogues qui arrivent à mettre tout le monde d'accord tant le résultat est à la fois crédible et rafraichissant. Si d'un coté les Dead Or Alive ou autre Seran Kagura alimenteront toujours le feu des débats de type "le jeu vidéo est-il sexiste ?", The Lost Legacy est bien là pour rétablir la balance et prouver que oui : il est possible de conquérir un public de gamers sans user de clichés hyper-sexualisés.


Au dessert : Ganesh au chocolat 


Bon ok, vous l'aurez deviné en listant mes titres, ce test est rédigé à une heure où mon estomac réclame une bonne collation. Alors je vais résumer efficacement : si ses héroines culottées apportent un coup de frais au scénario, le concept de jeu reste un pur produit de la série Uncharted : on alterne donc la varape avec le gunfight, saupoudré d'un zeste de parkour et d'énigmes. Le rythme est plutôt décousu, et les 10 chapitres sont articulés autour d'une séquence d'exploration en 4x4 en monde ouvert, qui rappelle fortement "A Thief's End".

Oui, ceci est un screenshot du jeu. Non c'est pas sur PS4 Pro. J'en ai pleuré tellement c'est beau. 

Quelques petites nouveautés sont là, comme le sympathique crochetage qui saura mettre bien la pression au joueur 😃, et les armes silencieuses, un ajout bienvenu qui oriente le gameplay vers un style plus furtif, évitant avec élégance des gunfight jugés parfois répétitifs dans l'épisode précédent. Puisque le développement aura duré 9 mois seulement, la durée globale de l'aventure a bien entendu été écourtée. Conséquence : l'ensemble est plus hollywoodien que jamais, avec ce rythme qui semble dérouler un clin d'oeil et qui laisse à son spectateur une envie de partager le reste de la vie trépidante de ses protagonistes. Comme le dit ce fameux dicton de gamer : "ce qu'on perd en durée de vie, on le gagne en féérie", non ?


Une fin en eau de Bouddah ?


Pour synthétiser, The Lost Legacy est pour moi l'épisode parfait. Plus court, mais aussi plus dense, disposant d'un jeu d'acteur qui se bonifie, et mettant en scène une héroine qui incarne cette meilleure amie virtuelle avec qui on rêverait de partir en rando. Le tout s'habille d'un ensemble en 3D toujours aussi époustouflant, qui se déplie avec maestria grâce à son scénario dont on se délecte de chaque rebondissement. Ainsi, il sera difficile de ne pas être convaincu par cette formule d'addon en stand-alone, même si pour l'apprécier à sa juste valeur, il vaut mieux avoir joué auparavant à "A Thief's End". C'est paradoxalement à cette unique condition que l'on pourra ressentir cette impression de déjà vu. Un sentiment qui constitue, à mon avis, le seul véritable reproche que l'on pourrait adresser à cet ultime épisode.


On se régale parce que :

- ses héroïnes sont formidables
- sa réalisation est à couper le souffle
 - son histoire constitue le point final de la série 

Vous êtes dispensés si :

- vous avez avalé les 4 Uncharted précédents d'une traite !

La note finale :